Dans le sac de Mademoiselle B,  une invitation à l’avant-première du film “La saison des femmes” sorti le 20 avril en exclusivité en France. La bande-annonce, l’affiche, le fait que cela se déroule en Inde, me poussent sans hésiter à accepter l’invitation. La réalisatrice Leena Yadav a fait le chemin depuis l’Inde pour l’avant-première à Paris. Je suis invitée au cocktail après la séance, l’occasion de discuter avec cette femme d’une gentillesse et simplicité incroyable (je vous en parle plus bas dans cet article). Il s’agit d’un film bouleversant quand tu sais que l’histoire, inspirée de faits réels se passe en Inde de nos jours. Le sort réservé aux femmes de ce village est inacceptable, dérangeant, certaines scènes sont violentes. Ce film nous fait également sourire. La scène que j’ai préféré est dans la bande-annonce à 1 minute 31 (dans la vidéo au dessus). On découvre le lâcher prise de ses femmes. Elles laissent exprimer leurs émotions intérieures qu’elles ne peuvent malheureusement jamais dévoilée à voix haute. Un film dur, touchant et drôle à la fois. Je vous en dit plus dans cet article.

Synopsis
Inde, Etat du Gujarat, de nos jours. Dans un petit village, quatre femmes osent s’opposer aux hommes et aux traditions ancestrales qui les asservissent. Portées par leur amitié et leur désir de liberté, elles affrontent leurs démons, et rêvent d’amour et d’ailleurs.

Dans La Saison des femmes, différents sujets sont abordés: le pouvoir des anciens du village qui dictent les lois (les hommes uniquement, ben oui la parole de la femme ne vaut rien); l’amitié forte entre femmes mais qui disparaît devant les hommes; la sexualité; le manque de communication au sein des couples, les hommes ont dû mal à s’adresser aux femmes, le respect n’existe quasiment pas. Les couples sont construits sur la base des dictats imposés par les parents, eux-mêmes reçus par ceux de leurs parents (exception pour ceux qui reçoivent une éducation, vont à l’école). La femme sert à faire des enfants, préparer à manger et doit être dépendante de son mari financièrement (ne surtout pas gagner plus que lui). L’homme est roi. Il ne fait clairement pas l’amour à sa femme, il la viole, la frappe, rien de plus normal. Il va voir les prostituées. Dans ce village, il est très compliqué pour une femme d’échapper à son destin.

Une scène m’a choquée

Une femme mariée revient dans le village de ses parents car elle ne supporte plus sa vie de femme mariée dans la famille de son mari. Elle est en pleurs devant le conseil des anciens qui réunit les hommes et femmes du village. Les anciens lui ordonnent de retourner près de son mari. Elle crie, hurle de tout son corps suppliant sa mère en la regardant droit dans les yeux de la laisser revenir au village près d’elle. Elle avoue à sa mère que son mari ne la touche pas mais par contre elle se fait violer par ses beaux-frères et son beau-père. Elle a avorté car elle ne savait pas qui était le père. Rien de plus normal (ton ironique bien sûr). Sa mère l’oblige à repartir. Comment une mère peut laisser faire ça? Cette scène du film est dure. Dans ce village, les anciens (les hommes uniquement) sont arriérés et contre l’évolution de la femme.

Aussi, imaginer que seules les femmes peuvent être stériles et pas les hommes, qui peut oser croire cela ? Visiblement les habitants de ce village en Inde y croient.

La rencontre avec Leena Yadav, la réalisatrice du film “La saison des femmes”

saison des femmes

Nombreuses sont les personnes à vouloir échanger avec elle et la féliciter sur son travail après la séance. Quand enfin, j’en ai la possibilité, je la félicite sur ce film pour ensuite lui demander dans quels pays ce film est en salle. J’apprends que la France est le premier pays.  Un distributeur français à accepter de le diffuser. Les Etats-Unis devraient arriver en Juin prochain. Evidemment, je lui demande si ce film sera dans les salles en Inde car le sujet du film peut être mal perçu. Elle m’informe qu’elle essaie de le faire distribuer, normalement il sortira en juin prochain. Elle n’a pas encore eu de nouvelles de la censure. Affaire à suivre.
Je suis intriguée si chaque histoire des femmes sont réelles, Leena m’informe que chacune des histoires est inspirée de faits réels. On demande Leena de tous les côtés, je la laisse, elle me remercie et me souhaite une bonne soirée.

Envie de changer les choses

En sortant de la salle, l’envie de m’inscrire dans une association, je ne sais pas laquelle. Juste envie d’aider ces femmes à avoir accès à l’éducation, leur expliquer leurs droits, organiser des meetings avec ces hommes et leur prouver que la femme est un être humain à respecter. Je reste persuadée qu’il est possible de faire évoluer les choses. C’est mon côté positif.

En regardant ce film, on a l’impression de remonter le temps. Un ami m’a dit un jour que le monde de demain serait celui du film Her, que l’on s’en rapprochait déjà beaucoup et que c’était triste. Je suis d’accord mais dans ce village, je pense que l’accès à des moyens de communication permettrait de montrer comment évolue notre société, que les femmes ont droit au respect, d’aller à l’école et qu’elles ont le droit d’être écoutées.

Un film qui me rappelle automatiquement Mustang

L’histoire se déroule en Turquie de nos jours (bande annonce en bas de cet article). Après avoir vu ces deux films, on se rend compte de la chance que l’on a de vivre en Europe, d’être libre. Libre de s’exprimer, de penser ce que l’on veut et le dire à voix haute, libre de s’habiller comme on le souhaite, libre de sortir, libre de TOUT.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=2u7bJpgjvQ8[/youtube]

Dites moi tout, que vous inspire cet article?